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Rima Ayadi : « Tout est possible »

Tout est allé très vite pour Rima Ayadi. Un an après ses débuts, elle intègre l’équipe de France. Trois ans plus tard, elle passe professionnelle.  La boxeuse veut casser les clichés sur la boxe féminine. Rencontre avec une non sportive devenue athlète de haut niveau.

Est-ce que tu peux revenir sur tes débuts dans la boxe ?

C’est arrivé par hasard, j’ai débuté tardivement à l’âge de 26 ans. J’avais commencé à faire du sport pour m’entretenir et perdre un peu de poids mais je n’étais pas du tout sportive. Un ami, entraîneur de boxe thaï m’a proposé de l’accompagner à sa salle. Je m’y suis essayée. J’ai directement ressenti des sensations fortes, je me suis lâchée. Un des boxeurs m’a dit que j’avais une gestuelle naturelle.

Très vite, je me suis rendu compte que j’étais plus attirée par la boxe anglaise. J’ai pris contact avec Saïd Bennajem au Boxing Beats d’Aubervilliers. J’ai eu un coup de cœur sur la salle, sur l’entraîneur aussi. Dès la première semaine, j’ai eu cette envie de faire de la compétition et de viser le haut niveau. Je m’y suis alors lancé à fond.

Qu’est-ce que tu as trouvé dans la boxe ?

A l’époque je vivais des moments difficiles dans ma vie personnelle, ça a été une thérapie. C’était une découverte inattendue. Je me suis trouvé un nouveau plaisir. J’allais à la salle pour me défouler, me soigner, voir du monde autour de moi et penser à autre chose. C’était un exutoire.

J’aimais l’ambiance familiale et soudée avec les autres boxeurs, le fait qu’on soit solidaire dans la difficulté. Je m’entraînais avec des compétitrices qui avaient beaucoup d’expérience. C’était dur. Les débuts ont vraiment été compliqué, mais chaque semaine je voyais les progrès.

J’ai eu très tôt l’envie de passer pro, mais mes entraîneurs m’ont conseillé de prendre mon temps, de gagner de l’expérience en entrant en équipe de France. J’ai pu faire les championnats d’Europe en août 2019. Depuis, j’ai tout arrêté pour me consacrer à ma carrière professionnelle. Le but, c’est d’aller très vite. J’ai fait mon premier combat en décembre 2019. En février, j’ai effectué deux combats en une semaine. Sans l’épidémie de coronavirus, j’aurais dû enchaîner avec un championnat de France en avril et ensuite une ceinture internationale.

Le sport n’est pas une question d’âge ou de genre. Il suffit d’avoir la motivation et de travailler.

Pourquoi cette décision d’avancer vite dans ta carrière ?

C’est dans mon tempérament de fille pressée. J’ai un parcours atypique. J’ai 30 ans et je ne compte pas rester 10 ans dans la boxe. Je fais les choses à fond et je me lasse très rapidement. J’ai envie de faire quelque chose d’extraordinaire, de faire une carrière express et d’aller le plus loin possible au niveau mondial.

Vous êtes un groupe de compétitrices de haut niveau au BAM avec Amina Zidani et Wassila Lkhadiri. Comment ça se passe entre vous ?

Je les ai rencontrées en équipe de France, elles m’ont très bien accueillies. On est un trio de choc. On est très soudées. Pour des raisons différentes, on s’est toutes retrouvées en même temps au BAM L’Héritage. On se soutient mutuellement, on partage nos joies.

Au-delà du sport, nous sommes amies, on passe beaucoup de temps ensemble.

Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être une femme dans la boxe ?

J’ai constaté que les gens avaient une image des boxeuses très masculines, viriles. Encore aujourd’hui, les personnes qui ne connaissent pas la boxe, pensent que c’est un sport d’hommes. Je veux casser ces codes. J’ai à cœur de montrer que les filles peuvent faire n’importe quel sport. Aujourd’hui, on arrive à avoir des combats aussi intenses et techniques que chez les hommes. Des boxeuses comme Katie Taylor ou Claressa Shields ont de grandes ambitions, elles sont suivies par le grand public.

Qu’est-ce que tu ressens, quand tu vois tout le chemin parcouru ?

J’ai du mal à réaliser que tout a commencé il y a seulement quatre ans. Quand je vois aujourd’hui que je suis professionnelle, que mes combats sont diffusés, que je boxe au casino de Deauville. Je suis très fière.

Beaucoup de personnes dans mon entourage ont voulu me décourager. Elles pensaient que ce serait trop dur, trop tard pour moi pour aller au haut niveau. Le fait de tenir et d’avoir des résultats, ça a développé une très grande confiance en moi. J’avais cette mentalité de me dire que si tu veux vraiment quelque chose, c’est vraiment possible. On a voulu me fixer des limites. Comme quoi je ne pouvais pas rattraper le niveau de celles qui s’entraînent depuis l’âge de 15 ans, que c’était trop tard.

J’ai réussi mon défi. J’ai envie de faire comprendre aux autres que « tout est possible », de prouver que ce n’est pas qu’une belle phrase marketing. Non. Moi, en quatre ans, je suis passée de non sportive à boxeuse professionnelle classée mondialement.

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