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Mehdi Lafifi : Profession Manager

Entré dans le monde de la boxe en 2012, le manager Mehdi Lafifi a su rapidement agrandir son influence. Il gère, aujourd’hui, les intérêts d’une douzaine de boxeurs français. Souvent confondu avec le promoteur ou l’agent, il nous explique son métier polyvalent.

Mehdi Lafifi & Yvan Mendy, le 18 juillet 2019 au Cannet. ©Karim Foudil / Asloum Event

Cet article est un extrait du numéro 3 du magazine Dans le Ring qui sortira en juin 2020.

Son parcours

J’ai toujours été passionné par le sport en général, le football et la boxe en particulier. J’ai joué à Aubervilliers dans les 90 qui était en National et j’ai entraîné pendant 8 ans à l’AC Bobigny. Ensuite, je suis devenu producteur culturel. Je réalisais et produisais des documentaires, des court-métrages… J’organisais des tournées de groupes de musique. Ce qui m’a permis de sillonner le Maghreb et l’Afrique et de faire de magnifiques rencontres.

Sa passion pour la boxe

J’ai un souvenir extraordinaire au printemps 1987 où mon grand-père me réveille en plein milieu de la nuit pour suivre le combat entre Sugar Ray Leonard et Marvin Hagler. C’était mon premier combat en live, je garde le souvenir d’un choc intense, à la fois violent et beau. Et le monde de la boxe se divisa en deux catégories : ceux qui ont vu Hagler gagner et ceux qui ont vu Leonard gagner. Moi avec mes yeux de profane, j’ai toujours adoré Leonard. Après, il y eut la vague Tyson, Chavez etc. dans les années 90 !

Le déclic

Yazid Amghar, mon cousin, était champion de France et d’Europe et du monde de boxe française savate. A ses 22 ans, je l’ai provoqué en lui disant : « T’en as pas marre de boxer en tenue moulante ?! Il n’y a que l’anglaise qui compte ». Yazid répond à ma provoc’ par un défi : « Je veux bien aller en boxe anglaise, si tu deviens mon manager et que tu t’occupes de moi ». Je me suis dit « pourquoi pas ». Je venais d’avoir ma fille et mon garçon était en route, je voulais me sédentariser. Je me suis donné 6 mois pour comprendre les rouages du business. Et voilà comment tout a commencé pour moi en 2012.

« Pour que le business marche, il faut que l’ensemble des parties prenantes trouvent leur compte : la chaîne de télévision, le promoteur et le boxeur. »

Le rôle et les missions du manager

C’est un métier polyvalent qui touche le juridique (contrats), le commercial (négociations), et l’aspect sportif (matchmaking). Il faut aussi s’occuper parfois de la logistique (transport, hébergement etc.) Ce que je préfère ce sont les discussions avec les représentants des fédérations mondiales ou d’autres intermédiaires afin d’identifier les opportunités pour nos champions. Mon but est d’obtenir les meilleures conditions pour le boxeur, son coach et sa Team. Une fois ces conditions réunies, la balle est dans leur camp pour aller chercher leur destin.

L’évolution du business

J’ai commencé à une période compliquée au début des années 2010. Il n’y avait pas de diffuseur, c’était galère. Nous financions nous-même nos combats, on cherchait des sponsors mais l’image de la boxe n’était pas au zéntih. On a fait du bon boulot tout de même avec Yazid. 6 combats, 6 victoires en 6 mois. (Sans le COVID 19, j’aurai fait la même chose avec le très talentueux Ali Galtier). Rapidement, je me suis intéressé à Samy Anouche, avant de rejoindre la famille BCOP (Yvan Mendy, Karim Achour, Guillaume Fresnois), et de travailler avec des amis à Saint-Malo, Red Star ou Levallois. Nous avions su travailler avec très peu de moyens, alors quand les télés sont revenues, nous étions prêts à passer à un niveau supérieur. Aujourd’hui, j’ai la chance et le plaisir de collaborer étroitement avec Brahim Asloum, un véritable exemple de reconversion réussie pour le grand champion qu’il fut.

L’international

Je travaille régulièrement avec Matchroom Boxing et de son directeur-général Eddie Hearn, Sauerland (Allemagne), Gallego Prada  (Espagne), Eye of Tiger (Canada). Dans chaque territoire, il est nécessaire d’avoir un lien fort avec des agents et promoteurs influents (Italie, USA, Mexique, Argentine, Pologne, Russie).

Mon travail, c’est d’avoir les meilleures relations possibles avec les quatre fédérations majeures pour saisir de bonnes opportunités. C’est du lobbying constant, assumé. Des échanges réguliers pour être considéré comme un partenaire fiable et solide. Pour le compte d’Asloum Event, j’ai assisté aux conventions de la WBC à Kiev et Baku. On étoffe notre carnet d’adresses, on fait la promotion des boxeurs français, on défend leurs places dans les classements.

Nous savons que nos boxeurs ont du talent et que les structures manquent, mais évitons de pleurnicher. On fait avec ce qu’on a, essayons de créer l’exploit.

« On sera toujours moins bien considéré par les officiels (juges et arbitres) que les grosses promotions anglaises ou américaines. On le sait, il faut faire avec. »

Le bilan

Le bilan est très positif. En 8 ans, j’ai été impliqué dans des dizaines de championnats de France, de ceintures européennes et inter-continentales des quatre fédérations. Sur une année, en plus des organisations d’Asloum Event, je travaille en moyenne sur une cinquantaine de combats. J’ai rencontré des gens formidables, j’ai eu des émotions incroyables et fait le tour du monde. L’été dernier par exemple, j’ai enchainé Houston, Dallas, Londres, Le Cannet, Helsinki, autant de souvenirs gravés dans ma mémoire.

Ses objectifs

Tout comme les boxeurs, mon objectif est la conquête d’un championnat du monde. Je veux aller au bout avec Yvan Mendy, Guillaume Fresnois, Mathieu Bauderlique.

Il y aura assurément de belles opportunités prochainement. J’ai envie également de prendre les meilleures décisions et contribuer à la réussite dans le très haut-niveau de Yazid Amghar, Elie Konki, Sabri Sediri, Maidin Elgarni, Laid Douadi et Ali Galtier. Sans oublier des challenges avec Karim Achour, Zakaria Attou, Massi Tachour, Kevin Cojean et d’autres champions…

Son plus beau souvenir

Le premier titre national a toujours une saveur particulière. Donc le championnat de France de Yazid Amghar face à Garrido. Nous avions atteint l’objectif fixé. Il n’y a pas meilleure satisfaction pour un manager que d’envisager un plan, de le structurer, et que les résultats suivent. J’avais dit à Yazid qu’il serait champion de France à son 15ème combat et c’est ce qui est arrivé. La victoire d’Yvan Mendy contre le champion Olympique Luke Campbell, en Angleterre, était aussi un moment magnifique.

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