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Gennady Golovkin – Mon histoire

Avant son premier combat contre Canelo Alvarez, Gennady Golovkin, ex-champion du monde des poids moyens a raconté son histoire de son Kazakhstan natal à la Californie en passant par l’Allemagne, où sa carrière l’a menée.

Mon corps se souvient. A chaque gros combat, mon corps sait ce qu’il doit faire.

Chaque jour avant le combat, l’envie devient de plus en plus grande. Jusqu’au coup de gong, quand Gennady Golovkin devient GGG dans le ring.

Ces derniers mois dans notre camp d’entraînement à Big Bear, en Californie. Gennady devient GGG. Mon corps, mon esprit se préparent à monter sur le ring.

Et quand ça arrive, c’est comme un requin dans l’océan. Il sait qu’il est chez lui. C’est pareil pour moi dans le ring.

Mon corps connaît cette sensation. Quand tu es impatient à l’envie de faire quelque chose, je veux juste me battre. Mon corps le désire. Parfois, t’as juste envie de détruire le gars en face de toi, de montrer que tu es meilleur.

Quand j’étais petit, c’était pareil. Je voulais me battre. Et chaque fois que je monte sur le ring, je repense à ce premier combat. Un beau souvenir. Un KO rapide au premier round. Tout le monde pense que tu es génial. 1…2…3 KO. C’est à ça que je pense.

Je respecte Canelo. Nous sommes deux boxeurs puissants. On connaît l’importance d’un tel combat, ce n’est pas un jeu, c’est dangereux et nous le savons tous les deux.

Mais quand je deviens GGG, je deviens un requin. 

Il y a différents types de souvenirs. Les bons. Et ceux qu’on préfère oublier.
Et il y a les premiers souvenirs de quand j’avais 5 ans, dans ma ville de Karaganda, au Kazakhstan. C’est une région connue pour le charbon.

La vie était simple, j’allais à l’école, j’avais des amis, j’aimais l’école.

Ma mère travaillait dans un laboratoire. Elle était intelligente. Mon père travaillait à la mine de charbon. Parfois, je le voyais sortir de la mine couvert de poussières de charbon. Et il y avait mon frère jumeau Maxim et mes deux grands frères Sergey et Vadim.

C’était les boss, on les admirait et on faisait tout ce qu’ils nous disaient.

Quand je n’étais pas à la maison, je jouais au foot dehors. C’était mon sport préféré. J’allais au camp de sport et on jouait tout le temps au foot.

Sauf un jour, un coach a dit : « Ok, aujourd’hui on va essayer la boxe ».

J’étais un petit enfant, je n’avais jamais boxé auparavant. J’avais des gants comme tous les enfants, au Kazakhstan la boxe est un sport populaire.

Tous les garçons se battaient. Je pense que tous les garçons partout dans le monde se battent. Mais je voulais jouer au foot. Mais mes frères m’ont dit d’essayer de nouvelles choses, d’apprendre d’autres sports. Ils connaissaient la boxe.

Ils m’ont emmené au club de boxe le lendemain.

Et je n’aimais pas ça. Qui veut se prendre des coups dans la tête ? C’est un sport dangereux et j’aimais les sports d’équipe. Mais c’était facile pour moi. J’avais le « truc », je comprenais. Et je suis devenu bon, très bon. En entrant sur le ring, je savais quoi faire.

Je me rappelle de mon premier sparring. Il y avait des gars durs mais je n’avais pas peur.

Sergey et Vadim étaient mes héros, comme tous les grands frères. On regardait les combats de Tyson, Mohammed Ali, Sugar Ray Leonard. Des combats amateurs de Russie. Même si je n’aimais pas combattre, j’aimais regarder. On parlait tout le temps de combats. « Oh tu as vu ce coup ? T’as vu cet enchaînement ? »

Et je me disais « OK, ce gars fait la même taille que moi, il est droitier comme moi ». Et j’essayais de reproduire ces gestes à la salle.

Mon jumeau Max est plus intelligent, plus sérieux que moi. On allait au club ensemble.

J’avais 8 ou 9 ans quand l’U.R.S.S a été dissoute. Je me souviens que les temps sont devenus difficiles. Et puis Sergey et Vadim ont rejoint l’armée. Ils ne sont jamais revenus. Ce sont les souvenirs que j’ai et dont je ne veux pas parler.

Max et moi avons continuer la boxe. Je devenais très bon. Mes parents ne venaient pas me voir. Ma mère était inquiète elle n’aimait pas la boxe. Je lui disais juste que tout allait bien quand je revenais avec du sang sur mon t-shirt.

Elle ne posait pas trop de questions. J’ai continué de boxer. J’ai gagné beaucoup de combats. Une centaine de l’adolescence jusqu’à mes 22 ans quand je me suis qualifié pour les Jeux Olympiques de 2004.

Max et moi étions de la même catégorie de poids. Alors on alternait dans les compétitions. Mais quand il a fallu choisir qui devait aller aux JO, Max m’a regardé et m’a dit : « Tu es le plus vieux, tu peux le faire ».

Je suis aller à Athènes, mon père est venu me voir. C’était un grand moment pour lui. Je suis aller en finale mais j’ai perdu. Alors j’ai eu la médaille d’argent. De retour au Kazakhstan, les gens me reconnaissaient.

Avant, les gens disaient que j’étais chanceux. J’étais toujours ce petit maigrichon qui était « chanceux » de gagner. Mais après les JO, les gens se sont dit : « OK, il est spécial ».

Sauf qu’il n’y a que de la boxe amateur au Kazakhstan, je ne pouvais pas aller plus loin.

J’avais battu des boxeurs d’autres pays qui étaient passer pro. Je voulais passer professionnel mais je ne pouvais pas le faire dans mon pays.

A 22 ans, j’ai décidé d’arrêter la boxe. J’étais fatigué de tout ça. Je m’étais entraîné depuis si longtemps. Depuis tout petit.

J’ai arrêté et je vivais la belle vie, je sortais avec mes amis.

Ca ne me manquait pas.

Je me souviens que le téléphone n’arrêter pas de sonner. Pendant 7 ou 8 mois, des promoteurs voulaient me signer. Des promoteurs du Canada, des Etats-Unis….

J’avais un ami qui boxait en Allemagne. Il m’a dit de venir. Avec Vadim et Sergey qui étaient parti, je savais que je devais subvenir aux besoins de la famille.

J’ai signé un contrat avec un promoteur allemand et j’ai recommencé à boxer. Je suis resté trois ans à Hambourg. Et puis à Stuttgart. Max est resté pour s’occuper de Maman et Papa.

Mais c’était compliqué. Les allemands voulaient voir des boxeurs allemands. Et puis j’étais réputé trop « dangereux » pour boxer leurs champions. C’était compliqué d’avoir une tête d’affiche. Il fallait que je trouve autre chose. J’avais besoin d’un nouveau contrat, d’un nouveau coach pour avoir de meilleurs combats.

Je voulais le meilleur. Le meilleur coach, un meilleur contrat, de meilleurs adversaires Alors on est allé aux Etats-Unis.

La Californie me rappelait mon pays. En allant à Big Bear pour la première fois, j’ai eu des souvenirs du Kazakhstan, du temps, de la montagne, les arbres.
C’était comme à la maison. Ça rappelait les bons souvenirs.

Et j’ai rencontré Abel Sanchez dans son camp d’entraînement. On a déjeuné et il était très sérieux. J’ai vu directement qu’il connaissait la boxe.

Il ne parlait pas russe, je ne parlais pas très bien l’anglais. Mais on connaissait tous les deux la boxe. C’était comme avec Sergey et Vadim, je l’écoute, et je fais tout ce qu’il me dit de faire.

Mais je n’aime toujours pas boxer. C’est mon métier, c’est ma vie. Je suis un fan de boxe. Mais je n’aime pas faire ça. Tu regardes des combats. Qui peut aimer quelque chose d’aussi brutal ?

Mais je suis bon. C’est mon job et je travaille dur. C’est de l’argent facile. J’aime ma team. J’aime ma vie.

Je sais quel boxeur je dois être. Je sais que je dois redevenir GGG, même si je n’aime pas ça

J’aime ma famille. Ma femme, Alina. Mon fils, Vadim. Et ma fille.

J’adore passer du temps avec mon fils. Il a 8 ans et chaque fois j’ai de nouveaux souvenirs avec lui. Même quand il rentre dans la chambre à 7h du matin. « Papa ! Papa ! réveille-toi ! »

Il joue au hockey. Et peu importe si les enfants sont plus grands que lui, il est prêt à enlever ses gants et à se battre.
Il me rappelle moi et mes premiers entraînements. Il n’a pas peur.

Être un père est beaucoup plus dur qu’être boxeur. De GGG dans le ring, je redeviens Gennady Golovkin dès que le combat est fini. Je redeviens Papa. On a de beaux souvenirs ensemble, ma femme, mes enfants et moi.

Jusqu’à ce que je doive reprendre le boulot. De retour à Big Bear, la montagne, Abel qui me montre quoi faire, sur quoi progresser.

Voilà les bons et les mauvais souvenirs aussi

Je me souviens de tout. Et quand le gong sonne, tout s’en va et pendant ces moments je redeviens GGG…

Un requin dans l’océan.

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