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Formation Cutmen Nationaux : « Le cutman peut sauver ton combat »

Soigner les plaies, stopper les hémorragies, protéger les mains avec les bandages… Le cutman joue un rôle très important dans le coin d’un boxeur. Malgré tout, ce métier reste encore peu connu. Laurent Boucher Coniquet et Franck Romeo, deux cutmen français de référence, souhaitent transmettre leur savoir à travers la Formation Cutmen Nationaux adaptée pour la boxe anglaise, le pieds-poings et le MMA.

Crédit photo : Karim Foudil

Dans le milieu de la boxe depuis plus de 30 ans, Laurent Boucher Coniquet a entraîné une dizaine de boxeurs professionnels parmi lesquels Frédéric Klose, Aziza Oubaita ou encore Christopher Rebrassé. « Jeune, j’ai fait quelques combats amateurs sans faire une grande carrière. J’avais envie de transmettre mon savoir, je sentais que j’avais cette pédagogie pour entraîner et en faire mon métier. »

Au milieu des années 2000, il effectue plusieurs séjours aux Etats-Unis en tant qu’entraîneur de Jean-Paul Mendy et croise le chemin de Rafael Garcia. « Il était dans notre coin, et j’ai eu cette chance de pouvoir échanger avec lui et de le voir à l’œuvre. » Soigner les plaies, stopper les hémorragies, protéger les mains avec les bandages… Il apprend auprès du cutman attitré de Floyd Mayweather Jr.

De retour en France, les meilleurs boxeurs du pays font appel à lui pour leurs combats à titre. Il se retrouve ainsi aux côtés de Jean-Marc Mormeck pour son défi face à Wladimir Klitschko et de Cédric Vitu pour son championnat du monde contre Castano.

Son expertise se remarque au niveau international et l’entraîneur devient formateur cutman officiel pour l’AIBA. Il enseigne alors les bases de soins aux entraîneurs des équipes nationales. C’est dans ce cadre qu’il a pu participé aux Jeux Olympiques de Rio 2016. « J’ai pu voir le sacre record de l’équipe olympique française » exprime-t-il avec fierté.

Après une petite carrière amateur, Franck Romeo voulait continuer dans la boxe. Attiré par le bien-être et la santé, il s’intéresse au rôle du soigneur. « Le cutman doit préserver l’intégrité du boxeur, le soigner si nécessaire sinon prévenir les blessures. C’est un pilier sur lequel peut se reposer le coach. » Il suit la formation de prévôt fédéral et s’exerce dans sa salle à Elancourt avec Marvin Petit et Gallus Coulon. « Ça m’a permis d’avoir la confiance de Tanguy Farrugia, entraîneur principal. »

Depuis, il a travaillé avec Nordine Oubaali, Estelle Yoka-Mossely, Matthieu Bauderlique ainsi que lors de la dernière saison de la WSB avec les Fightings Roosters.

Laurent et Franck se côtoient, échangent des conseils et deviennent amis.

Un personnage essentiel dans le coin du boxeur

Le cutman peut avoir un impact décisif sur le résultat d’un combat, en permettant à un boxeur blessé de terminer le combat sans que l’arbitre ne l’arrête. Ce fut le cas lors du dernier combat de Tyson Fury, le boxeur anglais ayant subi une coupure extrêmement profonde au-dessus de l’œil. « La force d’un cutman, c’est de protéger le boxeur. Il faut savoir supporter la pression d’un combat, pouvoir contrôler ses émotions, être précis et efficace. » La réputation de Laurent n’est plus à faire.

Lors de son combat face à Matthieu Bauderlique en juillet dernier, Doudou Ngumbu se retrouve blessé. Dans le coin du boxeur congolais ce soir-là, Laurent explique. « Doudou a été coupé au niveau de l’arcade sur le passage artériel, et c’était très compliqué d’arrêter le saignement. La blessure était spectaculaire mais pas importante. »

L’arbitre fait alors appel au médecin et menace de stopper le combat. « Le médecin me connaissait, il lui a répondu que ce n’était pas la peine en disant que je ferai tout mon possible pour arrêter le saignement. S’il y avait eu un risque quelconque pour la santé du boxeur, je l’aurai signalé. »

Auparavant, les cutmen formaient des personnes au sein de leur salle. Aujourd’hui subsiste un manque de transmission. Souvent, l’entraîneur effectue lui-même les tâches de cutman. « Moi qui suit entraîneur, je sais que c’est difficile de soigner et en même temps de délivrer des conseils tactiques » explique Laurent.

Il y a une dizaine d’années, le coach avait déjà eu cette idée de formation mais à l’époque il n’y avait pas eu d’engouement. C’est Franck qui lui a proposé de reprendre ce projet, ensemble. « Le métier de cutman est malheureusement négligé en France. Nous avons besoin d’hommes formés dans les coins. Un coach ne peut pas tout faire » insiste Franck Romeo. « L’objectif est que les entraîneurs puissent faire appel aux cutmen qui ont été formés. »

La Formation Cutmen Nationaux est reconnue officiellement par la Fédération Française de Boxe. Les premières sessions ont lieu les 16 et 17 novembre et les 7 et 8 décembre. De quoi susciter des vocations pour ce personnage essentiel dans le coin du boxeur.

Pour s’inscrire à la formation : www.formation-cutmen-nationaux.com

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