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Boxe Attitude : « J’accorde autant d’importance à Tony Yoka qu’à un petit projet autour de la boxe. »

Vous le connaissez certainement ! Avec ses vidéos sur l’actualité, ses interviews et sa passion pour Tyson, Jean-Charles a monté, en quelques années, la plus grosse chaîne Youtube consacrée à la boxe. On a voulu en savoir un peu plus sur le fondateur de Boxe Attitude.

Quels sont tes premiers souvenirs boxe ? Qu’est ce qui t’a fait aimer ce sport ?

Mon père est fan de sport, particulièrement de boxe. Il a suivi les débuts de Canal+, à l’époque il y avait une grande part dédiée à la boxe. Il enregistrait des cassettes, il achetait des VHS des seuls documentaires traduits en français qui devait exister : sur les 4 fantastiques, sur Mike Tyson, sur les légendes des poids lourds : Ali, Foreman, Frazier, Holmes et Norton. En tant qu’enfant, c’est fascinant. Même si tu n’aimes pas la boxe, tu vois les parcours de ces hommes forts, des athlètes charismatiques qui restent reconnus aujourd’hui. On voit bien la preuve avec Mike Tyson, je trouve ça dingue le buzz qui existe encore autour de lui. J’ai grandi avec ça et j’ai fait mes premiers entraînements à 9 ans. Au début, c’était plus pour faire plaisir à mon papa.

Est-ce que tu as pratiqué également ?

Si j’avais un conseil à donner, c’est de se consacrer à la boxe dès 15-16 ans, c’est le top pour s’appliquer. Moi, à cet âge-là, je faisais beaucoup de choses, je me cherchais, je voulais réussir dans l’art, en faire mon métier. J’ai fait l’école des Beaux-Arts après le Bac. J’ai laissé le sport de côté, je n’étais pas assidu à l’entraînement. Je me suis rendu compte que c’était compliqué de trouver un métier dans l’art et les études et moi c’est pas trop ça (rires).

C’est seulement après mes 20 ans que je me suis mis en amateur. J’ai retrouvé, par hasard, mon premier entraîneur, Samir Hamzaoui, avec qui j’avais débuté à mes 9 ans. C’est lui qui m’a coaché lors de mes deux combats amateurs en -75kg. Je me réorientais, je passais mes diplômes pour avoir un travail et je commençais à développer mes vidéos.  A partir de là, j’ai mis toute mon énergie dans ma chaine Youtube. Aujourd’hui, j’ai trouvé un club à Marseille. Les rencontres avec les boxeurs m’ont redonné l’envie de m’entraîner sérieusement.

Comment t’es venu l’idée de faire des vidéos ?

A la base, je voulais juste parler de ma passion. La boxe est une niche, c’est compliqué de trouver des gens avec qui parler de boxe autour de soi. En plus, au moment où je crée la chaîne, la boxe n’attirait plus les foules en France. C’était une période creuse. Du coup, j’ai créé une page Facebook sur laquelle je publiais les actualités. Je suivais également des youtubeurs qui parlaient de leurs passions. Et ça a été le déclic. Je suis passionné de boxe et je ne trouve personne qui parle de boxe. Pourquoi ne pas le faire moi-même ?

Je fais mes premières vidéos, quelques sujets un peu banals, je me cherchais c’est normal. Il fallait apprendre à monter des vidéos, je n’en avais jamais fait, à parler devant la caméra, c’est un vrai travail. C’est comme à l’entrainement, d’abord tu travailles ton jab, ensuite les combinaisons, puis vient le sparring (rires). Je me suis pris au jeu. Je n’en attendais rien. Si on m’avait dit que j’allais rencontrer les boxeurs de mon enfance et les boxeurs actuels, je ne l’aurai pas cru.

Avec 63000 abonnés, tu es en quelque sorte le plus gros média boxe en France.

Il faut être réaliste, sans le succès de l’équipe « Solide » aux Jeux Olympiques 2016, il n’y a pas de chaîne Youtube boxe en France. Moi j’ai commencé avant donc c’est normal que la chaîne ait grossi avec cet engouement. J’ai aussi su être régulier dans mon travail.

Très bientôt, je pense qu’il y aura des youtubeurs francophones qui vont parler d’anglaise et de pieds-poings avec l’arrivée du MMA. Ils auront rapidement plus d’audience que moi, c’est logique. Et c’est ce que je souhaite, qu’on parle de plus en plus de boxe.

Qu’est-ce que représente cette réussite pour toi ?

Ça a changé ma vie. J’étais un passionné de boxe, un spectateur. Aujourd’hui, je peux participer au monde de la boxe en France grâce à cette chaîne Youtube. C’est devenu mon activité principale et surtout je peux mettre en avant les boxeurs. C’est merveilleux, je peux aider des boxeurs, leur donner la parole.

Tu me fais penser à Mehdi Maïzi, journaliste rap. Comme lui, tu fais toujours preuve d’une grande bienveillance.

Je pense que si tu es déjà monté sur un ring, que tu t’es pris des coups dans la tronche.  Tu ne peux qu’être bienveillant envers les boxeurs. Il y a des boxeurs que j’aime moins, c’est normal, mais je ne vais pas faire une vidéo pour les descendre. Je ne veux pas rentrer dans des clashs et être cassant envers untel ou untel.

Que les boxeurs se clashent entre eux, ça fait partie du jeu. La boxe est un sport d’ego. On veut être le meilleur, battre son adversaire. C’est quelque chose de très viril, c’est comme les gladiateurs. Tu ne peux pas monter sur le ring en disant je suis moins bon que l’autre. C’est pour ça que j’ai cet état d’esprit dans mes vidéos, je veux être le meilleur.

C’est marrant que tu me parles d’un exemple venant du rap. Je compare souvent le rap et la boxe, ce sont deux sujets qui sont souvent victimes de stéréotypes. Je suis l’actualité du rap et Booska-P est une de mes références, je m’en inspire énormément. Ils ont créé leur propre média et aujourd’hui, ils ont une telle influence qu’ils peuvent donner de la force au rap et aux rappeurs.

« Il y a des boxeurs que j’aime moins, c’est normal, mais je ne vais pas faire une vidéo pour les descendre. »

Comment gères-tu l’actualité de ta chaîne ?

Ma ligne directrice reste l’actualité boxe. J’ai plusieurs rubriques : « Comment va la boxe » réagit à l’actualité alors que les interviews seront plus posés, avec des références moins populaires. J’essaye, à mon humble niveau, d’éduquer à la boxe. Je veux inclure tout le monde, autant les puristes qui sont attachés à l’histoire de la boxe que le nouveau public. Des personnes qui se sont intéressés à la boxe via les médaillés olympique de l’équipe de France 2016 ou le MMA. Il faut respecter ce public-là.

Aujourd’hui, je produis plus rapidement. J’ai évolué avec ma communauté, je prends en compte les critiques. Je regarde également beaucoup d’autres youtubers.

D’où te viennent tes idées de sujets ?

J’ai un dossier avec toutes mes idées, je note également celles des abonnés. J’en ai plus d’une centaine. Je pense que ce qui fait que les gens accrochent à mes vidéos, c’est que je suis vraiment passionné. Je ne me permettrais pas de faire un sujet juste pour son potentiel d’audience. Par exemple, Prince Naseem Hamed était très demandé sur ma chaîne. J’ai d’abord pris le temps de revoir ses combats, d’apprendre des choses sur le boxeur pour amener de nouveaux éléments pour ma vidéo.

Tu fais preuve d’une grande transparence avec ta communauté pourquoi cela ?

C’est ma personnalité, je suis comme ça. Sur un média comme Youtube, les gens ont besoin de te connaître. Pour certains boxeurs je vois que ce n’est pas facile, ils ne sont pas très à l’aise avec les interviews. J’essaye de discuter avec eux, que ce soit spontané.

Peux-tu revenir sur des rencontres qui t’ont marqué ?

Tony Yoka m’a donné l’opportunité de lui donner la parole, il ne le faisait pas beaucoup à ce moment-là. Je le remercie, ça m’a fait énormément plaisir d’avoir cette reconnaissance du milieu. C’était un moment charnière pour moi, je venais de quitter mon travail et c’était ma première interview.

Je me rappelle qu’on regardait de la boxe à la TV avec ma mère et il y avait Tony Yoka. Je lui ai dit que je l’avais interviewé. Ma mère était impressionnée. Je lui ai dit : « Mais maman, c’est un homme comme les autres ». C’est cette démarche là que je souhaite garder. J’accorde autant d’importance à Tony Yoka qu’une personne qui a un petit projet associatif tourné autour de la boxe.

J’ai énormément d’anecdotes, j’ai rencontré Hassan N’Dam, Mahyar Monshipour… J’avais fait un sujet sur Cédric Vitu, et il m’a personnellement contacté pour m’en remercier. J’étais très touché.

Si on te donnait un budget illimité, quel projet tu aimerais faire ?

La réponse est simple : créer ma chaîne télévisée de boxe. Un peu comme DAZN, en streaming, où je pourrai retranscrire en direct des soirées boxe françaises, faire des reportages. C’est ça que je veux développer à l’avenir.

Le mot de la fin ?

Très content d’être interviewé dans votre magazine. Je trouve que c’est un beau projet qui ressemble à ce que j’ai commencé à faire à mes débuts, je vous souhaite la même réussite. Je vous soutiens complètement, je sais ce que c’est de soutenir un projet comme celui-là. Fighting ! comme je dis dans mes vidéos.

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